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✍︎Z:2026:10:03 Le roi Aydarûs
Pour la première fois depuis le mois de mai, je passe vérifier que Ziad est toujours vivant. Je constate qu'il se montre partisan d'Aïdarous al-Zoubaïdi. C'est logique, sa ligne a toujours été pro-émiratie au fond, mais jusque là je ne l'avais pas noté. (sa ligne était plus pro-Israël que pro-émiratie).
⇒ Je dois voir de quand ça date (depuis son exil au début de l'année? Avant?), et surtout ce que ça veut dire (pour moi).
14h52 (Photo Princesse Leonor)
ضعوا حصة تعز من القات هناك في مثلث الضالع
(apparemment ils manquent de qat ces jours-ci…)
14h51
اهلا يا ملك
Salut à toi le roi!
Qui est Aydarûs ?
— Vincent Planel 2026/10/15 13:13
Je voulais écrire un billet sur « Pourquoi Ziad soutient Aydarûs? ». Ci-dessous, quelques précisions biographiques préparées dans cette perspective.
En pratique, j'ai réagi à d'autres posts deux jours plus tard, et j'ai dit à peu près tout ce que j'avais à dire dans la situation présente.
Né en 1967 dans le gouvernorat d’al-Dale’, Aydarûs al-Zubaydî est un officier de l’armée de l’air de l’ancien Sud Yémen, déchu après la guerre inter-yéménite de 1994, qui devient leader de l’organisation séparatiste dite « Conseil de transition du Sud » (STC). Soutenue par les Emirats Arabes Unis, cette organisation gagne en importance dans la confusion qui suit le « Printemps » de 2011. Après la prise du Nord du pays par les rebelles houthis (septembre 2014) et l’éclatement de la guerre (mars 2015), Aydarûs est finalement nommé gouverneur d’Aden (décembre 2015) par le Président Hadi, en exil à Riyadh.
Insigne des brigades dirigées par Aydarûs al-Zubaydî, les “security belts” positionnées autour des grandes villes du Sud du Yémen, de 2016 à 2026.
Dans le camps de la Légitimité (al-shar’iyya), opposé aux Houthis, une sorte de coexistence s’organise sous la tutelle saoudienne, qui peine à contenir l’influence des Emirats. Surtout sur Aden et les villes de l’ancien Sud, « protégées » par des milices salafistes/pro-STC, qui se livrent à une véritable épuration des élites religieuses non-alignées sur les Émirats.
La situation est différente à Taez, qui est assiégée par les houthis (d’où le logo de ce site). Après une prise de contrôle vers 2016-2017, les salafis d’Abu al-Abbas sont expulsés du cœur de la ville. Leurs forces restent engagées dans la bataille qui se joue tout autour (voir la scène à l’entrée de Taez en 2018, à la visite d’une délégation du CICR), mais elles n’ont pas les moyens d’imposer leur ligne aux milieux citadins. Taez reste liée aux différentes communautés yéménites en exil, dont les cadres sont au Caire, en Turquie, et surtout en Arabie Saoudite. Les Émirats Arabes Unis ne jouissent pas d’une audience particulière à Taez, ni bien sûr le Conseil de Transition du Sud (Taez était située au Nord Yémen, même si la proximité d’Aden a joué un rôle central dans son histoire).
Démis de son poste de gouverneur d’Aden en avril 2017, Aydarûs al-Zubaydî reprend la tête du STC et prend le contrôle d’Aden. Il sera intégré en avril 2022 au Conseil de Direction Présidentiel (PLC) dans l’espoir d’unifier les rangs, après plusieurs années d’escarmouches internes à la coalition arabe, entre troupes soutenues par les Saoudiens et troupes soutenues par les Emirats. Mais fin 2025, Aydarûs al-Zubaydî multiplie les provocations, et annonce le 2 janvier 2026 la tenue prochaine d’un référendum sur l’indépendance. Convoqué à Riyad, il s’échappe vers la Somalie (puis les Émirats), tandis que l’Arabie exige le retrait total de l’appui militaire émirati, allant même jusqu’à bombarder sa flotte stationnée au large des côtes hadramies. D’où cet automne la ligne de la chaîne SkyNews, à l'heure où l'étau houthi se resserre sur Taez.
